Pérou-L’Amazonie : Iquitos, le marché de Belén

L’Amazonie, 4 syllabes pour une gigantesque région chaude et humide du monde, appelée aussi l’oxygène ou le poumon de la planète terre. Je n’avais jamais pensé pouvoir y mettre un pied un jour dans ma vie parce que j’avais entendu beaucoup de choses négatives (moustiques porteurs de virus, animaux sauvages dangereux, trafic de drogue…).

Il ne faut pas se fier à ce qu’on voit à la TV, il faut vivre ses propres expériences, défier les préjugés afin de créer sa propre opinion. Si on ne se fie qu’aux préjugés, on n’avance pas, on ne grandit pas intellectuellement, car sur place, on s’aperçoit que c’est totalement différent et c’est là qu’on prend une grande claque.

Oui c’est dangereux si vous vous aventurez seul, c’est presque obligatoire de prendre une agence avec un guide expérimenté.

Je suis arrivé le jeudi 10 mars 2016 à Iquitos, la capitale de la région de Loreto. Cette ville colorée compte près de 400 000 habitants et se situe en plein cœur de l’Amazonie péruvienne.

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un navire laissé à l’abandon
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Une affiche à l’entrée de l’aéroport sur les dangers du virus ZIKA

J’arrive à l’aéroport à 9h00 et on me donne un tract sur le danger du virus zika. Il faut rappeler que Iquitos est en ce moment sans danger, il y a, certes, beaucoup de moustiques mais les autorités n’ont pas recensé de virus ou autres maladies (paludisme, dengue, fièvre jaune) transmises par ces moustiques depuis quelques années. Je suis rassuré.

Je suis accueilli par un guide d’une agence qui nous emmène au centre-ville d’Iquitos… en moto-Taxi ! Cela fuse de partout, je constate avec mes yeux émerveillés que les habitants ne se déplacent en grande partie qu’avec ce moyen de transport qui est excellent : petit, pratique, plus économique en essence qu’une voiture et pas cher du tout (1,50€ pour aller de l’aéroport au centre-ville).

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Les moto-taxi d’Iquitos

Pour se déplacer, les habitants utilisent aussi les bus…avec un chassis moitié tôle métallique, moitié bois…bien-sûr il n’y a pas de fenêtres ! (pourquoi faire ? il fait chaud toute l’année!).

 

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les bus en bois et sans fenêtres

Il est 9h30, nous arrivons sur la plaza de Armas, la place centrale, où je dépose mes affaires dans l’hostel : Mad Mick’s Bunk. Si vous voulez du rustique et un personnel agréable (merci à Diego), c’est là-bas qu’il faut aller ! Je vous aurais prévenus, c’est très rustique, mais c’est un dépaysement total (lits, douches…) !

Après avoir déposé mes affaires, je me dirige vers le marché de Belén, une ville défavorisée à 500 mètres de la place centrale. C’est là que mes pupilles se dilatent, mon corps frissonne, tous mes sens se réveillent sauf un : mon odorat ne supportant pas l’odeur puissante semée à quelques endroits du marché, donnant l’envie quelquefois de vomir.

(Cliquez sur les photos pour les agrandir.)

D’un tempérament très curieux, c’est avec enchantement que je m’arrête à chaque stand pour parler aux vendeurs et aux clients afin d’en connaître plus sur eux et sur leurs habitudes quotidiennes. Je me suis aussi amusé à les prendre en photo afin d’immortaliser ces rencontres qui resteront humainement fortes et culturellement intéressantes.

« Le marché de Belén, une vraie caverne culinaire d’ali baba « 

Un sol en terre battue, des enfants qui jouent à cache-cache, des vendeurs criant les offres et qui essayent de vous attirer sur leur stand, une incroyable densité et diversité d’étals, plus de 250 au total, vendant des fruits et légumes jamais vus auparavant (le camucamu : un fruit qui contient jusqu’à 20x plus de vitamine C que l’orange, l’aguaje, la cocona, la chambira, la lucuma, la guanabana, le zapote ).

…de la viande de toutes sortes (Vache, cochon, poulet et accrochez-vous ….du Majaz (petit rongeur d’Amazonie), du caïman, de la tortue (malheureusement), des vers de palmiers appelés « Suri », que vous avez surement vu dans l’émission Koh-lanta, des poissons amazoniens (Paiche : 2ème poisson d’eau douce le plus grand au monde qui peut peser jusqu’à 250kgs et mesurer jusqu’à 3m)…

J’ai goûté à ces vers qui à première vue, ne sont pas du tout appétissants, mais détrompez-vous ! Cuits, ils croquent sous la dent et fondent sous le palet en dégageant un goût de noisette. Crus, la texture est gluante, mais le goût se rapproche de la noix de coco ! Finalement, après ceci, je peux m’inscrire à Koh Lanta!

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Lito, un habitant de Belen me propose de faire la visite du marché…

Vers 12h00, un homme très sympathique m’interpelle et me propose de me faire visiter le marché. J’accepte avec méfiance, mais il me rassure en me montrant son petit livre de recommandations où il est écrit des messages venant d’autres touristes dont des français. Cet homme, c’est Lito, un père de famille qui vit du tourisme, habitant dans une cabane de fortune sur pilotis au-dessus de l’amazone. C’est alors qu’il me fait aller vers les stands des chamans et préparatrices de produits aux herbes médicinales qui d’après eux ont des propriétés aphrodisiaques ou curatives. Par exemple, j’ai découvert le « miel del amor », un parfum qui soi-disant permettrait d’attirer la personne que vous voulez embrasser, des extraits de sèves d’arbres comme le « sangre de grado » qui cicatrise et désinfecte les plaies, « l’aceite de cobaiba » qui repousse les moustiques et soigne les douleurs de ventres, des boissons aphrodisiaques aux drôles appellations obscènes comme le LPM (=levantate pajaro muerto); SVSS (=siete veces sin sacar).

 

Un déjeuner insolite..

Il est 13h, il se fait tard et nous avons faim. Nous allons acheter un demi-poisson grillé dans le marché. Lito me propose « tu veux manger ici ou chez moi ? », je lui réponds « Pourquoi pas manger chez toi ! Allons-y ! « . En répondant ceci, je m’attendais à manger confortablement sur une table, assis, avec des couverts…vous allez voir par la suite une toute autre réalité. nous affleurons vers le port afin de prendre une petite embarcation en bois en direction de sa maison sur pilotis. Belén, ce n’est pas seulement le marché qui est incroyable, c’est aussi le quartier fait d’une centaine d’habitations en bois, sur pilotis ou flottantes. Un dépaysement total. C’est un quartier défavorisé où les habitants se nettoient et lavent leurs objets du quotidien dans le fleuve à la vue des voisins et des enfants jouant au volley-ball aquatique. Je retrouve mes yeux d’enfant.

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Nous arrivons dans la maison de Lito, sa fille Emilie de 3 ans attend son papa avec impatience et semble être effrayée par ma couleur blanche et mes yeux bleus, sa femme Norith m’accueille avec le sourire. Loti vit aussi avec son père nommé Luis, malade d’une jambe, dormant dans la cuisine sur des planches. Je me sens tellement heureux entouré de personnes vivant avec presque rien mais dégageant un joie indescriptible, c’est fou comme la simplicité des gens me rend joyeux. Cette famille n’a pas les moyens, elle vit dans une surface de 20m², une chambre sans lit, un salon sans table ni chaises, une cuisine sans évier, ni eau, ni plaques de cuisson, ni four, seulement quelques briques qui font office de barbecue et pourtant ils sont heureux. Nous partageons le poisson en 5 que nous mangeons en indien sur le sol de la cuisine avec les doigts. L’hygiène, ils ne connaissent pas et ne sont pas plus malades que nous pour autant, pas de toilettes, pas de lavabo, le fleuve est une déchetterie à ciel ouvert, c’est attristant, mais ces gens n’ont pas d’autres choix que d’attendre que les pouvoirs publiques améliorent leur politique.

« La simplicité du lieu et des gens en fait un moment magique »

Sous son toit, je reste au moins 3 heures entouré de sa famille. Nous avons parlé des élections politiques qui approchent, de l’éducation au Pérou, de l’hygiène du marché et du quartier, de la nourriture, des animaux d’Amazonie, de la sexualité, des inondations quand l’amazone se soulève, de la solidarité du village…. Lito est un homme éduqué ayant une grande ouverture d’esprit, et est bien conscient que l’éducation fera sortir sa famille de la pauvreté, « je travaillerai dur dans ma vie pour élever et donner une éducation à ma fille ».

Avant de leur dire au-revoir, la famille m’offre un cours de danse sur un air de cumbia, un style de musique le plus répandu dans la selva.

Pour votre culture musicale, voici quelques chansons Cumbiennes :

 Le retour vers le centre d’Iquitos…

Il est 16h30, nous retournons au marché de Belén, où je découvre une ambiance tout à fait différente… Des vautours s’empressent de dévorer les carcasses de viandes jonchées sur le sol, les rats et les chiens suivent la même dynamique. Une odeur nauséabonde nous précipite à sortir du marché en longeant le fleuve vers le centre d’Iquitos. Je remercie Lito de m’avoir fait découvrir son petit monde.

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Le marché de Belén en fin de journée

« L’amazone bistrot », le restaurant/pub franco-belge le plus sympa d’Iquitos

Il est 17h30, Je me dirige vers mon auberge de jeunesse car je suis épuisé, sur ma route je demande à une dame un bon restaurant, au fil de la discussion, elle me propose de faire connaissance avec un « français » tenant un restaurant/bar qui s’est installé à Iquitos depuis 8 ans. C’est là que je fais la rencontre de Marc, un belge (la dame me l’avait présenté comme un français), un homme incroyablement très sympathique qui m’invite à sa terrasse pour partager une bière, deux bières… Puis m’offre à partager un plateau de fromages français et de saucissons secs… j’étais l’homme le plus heureux du monde. Nous parlons de sa vie, du pourquoi il a décidé de quitter son travail dans une grande entreprise nucléaire, quitter sa vie parisienne et d’expatrié en Finlande pour commencer à construire un restaurant ici à Iquitos. Les belges sont connus pour être bavards, sympathiques et bons vivants, une soirée inoubliable ! 🙂 Merci Marc pour ton accueil !

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Marc et un ami autour d’une assiette de fromages français à la terrasse de l’Amazone Bistrot.

Lien vers l’AMAZONE BISTROT.

Le concert de Cumbia…

Il est presque minuit, après la dixième bière de 50cl partagée, je décide de partir (enfin) avec mes amis à la soirée Cumbia qui se déroule 4 jours par semaine, animé par le groupe brésilien « Explosion ». Ici une centaine de jeunes, danse, s’amuse autour de caisses de bières de la marque péruvienne « Crystal ». Ambiance garantie pour une fin de soirée réussie!

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Le groupe de Cumbia « Explosion »

 

Voici la vidéo 🙂

 

 

écrit le 02/04/2016, maj le 01/06/16

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Andrea T dit :

    Me encanta y me contagia la energia y la curiosidad con la que de pronto decidiste emprender ese viaje y en realidad todos los que vienes realizando en mi país. Te admiro por eso, por tu capacidad de adaptación y tu mirada de niño curioso sobre el mundo, sobre aquella realidad que no imaginabas conocer y que hoy te permites hacerlo. No solo se trata de viajar, sino de hacerlo con un propósito y creo que el tuyo es claro: aprender. Gracias por tomar la decisión de aprender de mi país con la sensibilidad y sentido humano que requiere. Te deseo muchos más aprendizajes en tus siguientes recorridos por América del Sur,mucha buena vibra y buen humor!

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    1. gracias a ti de haber leido mi blog y haber gustado 🙂 tu pais es increible ! un beso

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